CANNES DAY 8 : DANS LA PEAU D'UN CHRONIQUEUR CANNOIS

My man Tomer sur la photo. Je peux vous dire qu'il siffle, lui.
Salut les gonzes,
Jusqu'à présent on a vu plus de dogs que de cats et la vérité c'est pas souvent très lol. Encore c'matin dans Magic Magic, il y avait un ptit chiot à l'article de la mort avec des plaques rouges à vif c'était dégueulasse. Au début j'avais un peu envie de pleurer. Ca c'est les 2h30 de sommeil dans ma gueule, parce qu'on dirait pas mais on bosse, si, si c'est vrai, la rédac se déchire pour vous faire kiffer le festival pendant vot' pause sandwich. Bref, trois minutes après quand ils ont abandonné la saloperie de clébard au bord de la route, j'ai failli dégueuler les Vodka-Schweppes-lait-de-goyave-sucre-de-cannes-curacao-grenadine que je me suis enfilés hier soir dans une soirée je me rappelle même plus pour quel film c'était. Je crois que Macaigne était là mais comme il est à toutes les soirées ça aide pas trop en fait.
Bref, après le Kéchiche, les potos partaient au bateau Arte mais putain y'a jamais d'ambiance là-bas alors j'ai filé à cette teuf mystère parce qu'on m'avait vendu par texto une Léa Seydoux over-chaude sur le dancefloor. Mais my man Boris a du confondre parce qu'il était complètement raide quand j'a débarqué après avoir vanné cet enfoiré de videur qui m'avait pas reconnu. Je lui ai sorti « Je suis le plus grand critique de movie de la terre, et toi t'es qui bordel ? ». Il m'a regardé, je l'ai regardé, il m'a regardé. Je crois qu'il a pas trop kiffé, mais je suis pote avec son boss. Alors il a pas moufté. Ca devait être la terrasse Chivas ou Magnum je sais plus elles sont collées, d'ailleurs ils devraient faire des glaces au whisky, on serait plus vite bourrés. Il faisait nuit, j'ai quand même remis mes Ray-Ban parce que je vous jure, à force de transpirer l'alcool on dirait Pete Doherty en pleine descente d'héro'.
A cette soirée, un membre du jury je peux pas vous dire qui il m'a juré de pas le répéter mais je vous le dit quand même : paraît que Kidman a pleuré devant le Farhadi, c'est la rumeur qui court sur la Croix-Zette. Ses collègues, ça doit être des langues de vipères bien vénère, ils disent qu'elle doit faire exprès pour montrer quand elle aime les films parce qu'elle s'est tellement fait piquouzer le reste du visage... Qu'est-ce-qu'on s'est marrés.
Mais quand même avec my man Jeff, on commence à en avoir ras-la-casquette des films de pédés, des films de lesbiennes, des films de pauvres. Chaque année c'est pareil, on en peut plus de la misère, de la sociologie et de toutes ces conneries prémâchées pour droitsdelhommiste à la manque. Donc on a décidé, pour les derniers jours on boycotte tous les films où on retrouve les mots-clés : inceste, immigré, misère, destin, village, chômage... On a rempli trois pages déjà sur le Moleskine à Jeff et c'est pas fini. Il m'a promis en rentrant on se fait une soirée bières – c'est horrible on en peut plus non plus du champ', c'est Tchernobyl dans nos intestins – et une rétro Ontoniente. Il a un nouveau projo à 2000 balles dans son p'tit loft à Belleville on va se mettre bien. Bon allez je vous laisse, il y a un film philippin de 4h qui m'attend et j'ai même pas terminé mon 4ème Red Bull Myrtille de la journée. Non, j'déconne, j'vais manger une glace à la pistache avec Mouloud Achour. Allez bizou.
Raphaël Clairefond.